Apprendre que son enfant est atteint d’un cancer, d’un handicap ou d’une maladie grave est une épreuve bouleversante qui percute de plein fouet la vie professionnelle. La loi du 12 juin 2026 renforce la protection et l’accompagnement des parents confrontés à ces situations. Allongement des congés, aménagement du temps de travail, renforcement de la protection contre le licenciement ou encore facilitation de l’accès au congé de présence parentale : plusieurs mesures vont directement impacter les entreprises.

Voici ce que vous devez savoir et mettre en place sans attendre.

 

Le congé pour annonce d’une maladie grave ou d’un handicap est doublé

Dès le 14 juin 2026, le congé accordé lors de l’annonce d’un handicap, d’une pathologie chronique nécessitant un apprentissage thérapeutique ou d’un cancer chez un enfant passe de 5 à 10 jours ouvrables.

Cette mesure reconnaît l’importance de la période qui suit immédiatement l’annonce du diagnostic, souvent marquée par de nombreuses démarches et une importante charge émotionnelle.

Le bon réflexe

Mettez à jour dès maintenant vos documents internes (règlement intérieur, notes RH, tableaux de bord des absences) pour intégrer cette nouvelle durée. Vérifiez également votre convention collective ou vos accords d’entreprise ; ils peuvent prévoir une durée encore plus longue, qui s’applique alors en priorité.

Le congé de présence parentale devient plus accessible : évolutions majeures

Un délai de prévenance raccourci

Le congé de présence parentale permet à un salarié de suspendre ou de réduire son activité afin d’accompagner un enfant dont l’état de santé nécessite une présence soutenue et des soins contraignants.

Le salarié souhaitant prendre un congé de présence parentale doit désormais en informer son employeur 10 jours à l’avance (contre 15 jours auparavant). Cette réduction permet au salarié d’enchaîner immédiatement le congé d’annonce (10 jours) avec le congé de présence parentale, sans interruption.

 

Une protection contre le licenciement renforcée

La loi renforce également la protection du salarié bénéficiant d’un congé de présence parentale.

Jusqu’à présent, cette protection s’appliquait uniquement pendant le congé. Dorénavant, elle est prolongée durant les 10 semaines suivant la fin du congé.

Durant toute cette période, vous ne pouvez rompre le contrat qu’en cas de faute grave du salarié ou d’impossibilité de maintien du contrat pour un motif totalement étranger à l’état de santé de l’enfant.

Notre conseil

Avant d’engager une procédure de licenciement concernant un salarié ayant récemment bénéficié d’un congé de présence parentale, il est fortement recommandé de vérifier sa situation afin d’éviter tout risque de contentieux.

Le droit à un aménagement des horaires est élargi

Jusqu’à présent, le Code du travail permettait notamment aux travailleurs handicapés, aux aidants familiaux et aux proches d’une personne handicapée de bénéficier d’horaires individualisés. Ce droit est désormais étendu aux parents ou responsables légaux d’un enfant dont l’état de santé nécessite une présence soutenue et des soins contraignants.

L’objectif est de faciliter l’accompagnement médical de l’enfant tout en permettant au salarié de conserver son activité professionnelle.

 

Ce que cela signifie pour l’employeur

L’entreprise devra examiner avec attention les demandes d’aménagement du temps de travail formulées par les salariés concernés. Même si la loi ne précise pas les justificatifs à fournir, il est probable que les salariés produisent un certificat médical attestant de la nécessité d’une présence soutenue et de soins contraignants.

Le bon réflexe

Anticipez les demandes de vos salariés en préparant une procédure interne claire : qui reçoit la demande, dans quel délai elle est instruite, quelles modalités d’aménagement sont envisageables selon les postes. Cela vous évitera d’improviser dans un moment délicat.

L’allocation journalière de présence parentale (AJPP) : deux améliorations

Pour mémoire, le salarié en congé de présence parentale n’est pas rémunéré par l’employeur mais peut percevoir l’allocation journalière de présence parentale (AJPP), versée par la CAF.

 

Un délai de réexamen médical allongé

La loi porte de 12 à 14 mois le délai maximal de réexamen médical de la situation de l’enfant. Cette évolution permet de mieux tenir compte des traitements lourds et prolongés, notamment en oncologie pédiatrique.

Elle évitera à certaines familles d’avoir à renouveler leurs démarches administratives alors même que la durée maximale d’indemnisation est d’environ 14 mois.

 

Une avancée pour les familles en résidence alternée

La loi prévoit également un partage possible de l’AJPP entre les deux parents lorsque la résidence alternée est effectivement mise en œuvre. Cette mesure constitue une évolution importante puisqu’elle crée une nouvelle exception au principe d’unicité de l’allocataire des prestations familiales.

Attention

Cette disposition n’entrera en vigueur que dans 18 mois.

Un décret devra encore préciser :

  • les modalités de partage ;
  • le nombre maximal d’allocations pouvant être versées ;
  • les règles de cumul avec d’autres prestations.

Notre conseil

Sur ces deux points, votre rôle d’employeur est limité. L’AJPP est versée directement par la CAF. Mais vous pouvez orienter vos salariés concernés vers leur CAF pour qu’ils vérifient leurs droits actualisés.

Déblocage anticipé de l’épargne retraite entreprise (PERECO/PERO) : une nouvelle possibilité

La loi crée un nouveau cas de déblocage anticipé de l’épargne retraite. Les salariés titulaires d’un plan d’épargne retraite collectif (PERECO) ou obligatoire (PERO) ou encore certains contrats de retraite supplémentaire peuvent désormais demander un déblocage anticipé de leur épargne en cas d’affection grave, de handicap ou d’accident d’une particulière gravité survenant chez un enfant à leur charge.

Nos recommandations

Informez vos salariés de cette disposition, notamment via une communication RH ciblée. Rapprochez-vous également de votre gestionnaire ou assureur pour connaître les modalités pratiques de déblocage et les pièces justificatives à fournir.

Une meilleure prise en charge des frais supportés par les familles

La loi comporte également plusieurs avancées sociales importantes :

  • suppression du plafond annuel des séances de psychologue prises en charge pour les enfants en affection de longue durée (ALD) dans le cadre d’un protocole de soins ;
  • extension de la prise en charge de certaines séances réalisées auprès d’ergothérapeutes, psychomotriciens ou diététiciens exerçant en ville ;
  • création d’une prise en charge des bilans neuropsychologiques ;
  • mise en place d’un dispositif d’hébergement temporaire pour les parents lorsque l’enfant est hospitalisé loin du domicile familial.

Même si ces mesures n’ont pas d’incidence directe sur la paie, elles participent à réduire les difficultés matérielles rencontrées par les familles concernées.

À retenir

Avec cette loi, le législateur renforce significativement les droits des parents confrontés à la maladie grave ou au handicap de leur enfant. Pour les entreprises, l’enjeu est autant juridique qu’humain. Au-delà du respect des nouvelles obligations, ces mesures constituent une occasion de développer une politique RH plus attentive aux situations de vulnérabilité et de renforcer l’accompagnement des salariés aidants au sein de l’organisation.

N’hésitez pas à nous contacter pour toute question sur l’application de ces mesures dans votre entreprise ou pour une revue de vos documents internes.

 

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Auteur

valerie rousseau

Valérie Rousseau

Responsable prospective et stratégie expertise sociale