Valérie Rousseau
Responsable prospective et stratégie expertise sociale
À l’approche des prochaines élections municipales, certains de vos salariés pourraient être amenés à s’engager dans la vie politique locale, en tant que candidats ou élus. Une loi récemment publiée vise précisément à favoriser l’engagement des salariés dans un mandat local, tout en sécurisant leur parcours professionnel. Publiée au Journal officiel du 23 décembre 2025, cette réforme renforce les droits sociaux des salariés candidats ou titulaires d’un mandat municipal et impose, en miroir, de nouvelles obligations d’organisation pour les employeurs. Tour d’horizon des principales mesures à connaître.
Désormais, les salariés candidats à un mandat municipal (mais aussi régional, départemental ou européen) bénéficient d’un congé électif porté à 20 jours ouvrables, contre 10 auparavant.
Ce congé permet de participer à la campagne électorale. Il n’est pas rémunéré, sauf si le salarié demande son imputation sur ses congés payés, mais les heures peuvent être récupérées en accord avec l’employeur.
Pour les entreprises, cette évolution implique d’anticiper des absences potentiellement plus longues sur la période préélectorale.
La loi étend significativement les situations ouvrant droit à des autorisations d’absence pour les salariés exerçant un mandat municipal. Sont notamment concernées :
Ces absences sont strictement encadrées et ne peuvent entraîner ni modification du contrat de travail ni des horaires. Elles sont par ailleurs assimilées à du temps de travail effectif pour l’ouverture des droits sociaux.
Pour les élus municipaux salariés ne percevant pas d’indemnités de fonction, la compensation financière versée par la collectivité en cas de perte de revenus est renforcée.
Elle est désormais plafonnée à 100 heures par an et à deux fois la valeur horaire du Smic, contre 72 heures et 1,5 Smic auparavant.
La loi clarifie et assouplit les règles de cumul entre indemnités journalières et indemnités de fonction :
Ces dispositions appellent une vigilance particulière en paie, notamment sur les cumuls et les justificatifs à conserver.
L’exercice d’un mandat électif local doit désormais être pris en compte plus formellement lors d’un entretien spécifique, à la demande du salarié élu. Cet entretien permet notamment :
Cet entretien ne se substitue pas à l’entretien professionnel classique, mais vient le compléter.
La loi renforce enfin la reconnaissance et la sécurisation des parcours :
Cette réforme renforce la protection des salariés engagés dans la vie locale, tout en imposant aux entreprises une gestion rigoureuse des absences, du temps de travail et des impacts en paie. À l’approche des élections municipales, il est recommandé de :
Une anticipation maîtrisée permet de concilier continuité de l’activité et respect des droits des salariés élus ou candidats.
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