La fin d’année est le moment idéal pour faire le point sur vos obligations et opportunités en matière de prise en charge des frais de transport domicile-lieu de travail. En 2025, des mesures favorables ont été prolongées, mais dès le 1er janvier 2026, le régime redevient plus contraignant. Anticiper ces évolutions, c’est éviter les mauvaises surprises et optimiser vos politiques RH.

Ce qui reste obligatoire

Chaque employeur doit prendre en charge 50 % du coût des abonnements aux transports publics (train, métro, bus, tramway) ou aux services publics de location de vélos.

Cette prise en charge vise les trajets entre la résidence habituelle et le lieu de travail et doit être remboursée au plus tard le mois suivant l’utilisation du titre.

Cette obligation concerne tous les salariés, quel que soit leur contrat, avec un remboursement mensuel sur justificatif et mention sur la fiche de paie.

Cette prise en charge est exonérée de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu.

Les avantages prolongés jusqu’au 31 décembre 2025

En plus de l’obligation légale, vous pouvez :

  • Aller au-delà des 50 % : en 2025, la part facultative est exonérée jusqu’à 75 % du coût de l’abonnement (contre 50 % en temps normal).
  • Accorder des aides complémentaires :
    • Prime transport : carburant et électro-mobilité : la prime de transport permet à l’employeur de participer aux frais de carburant d’un véhicule ou aux frais d’alimentation d’un véhicule électrique, hybride rechargeable ou à hydrogène.

En 2025, l’employeur peut verser une prime transport facultative, particulièrement encadrée :

  • Jusqu’à 300 €/an pour les frais de carburant des véhicules thermiques.
  • Jusqu’à 600 €/an pour les dépenses d’électricité, hydrogène ou recharge des véhicules hybrides/électriques.

Cette prime bénéficie d’une exonération complète, sous conditions d’éligibilité du salarié et de justificatifs.

Ce dispositif permet d’accompagner les salariés dont le domicile est mal desservi par les transports en commun.

  • Forfait mobilités durables (FMD) : facultatif également, il permet à l’employeur de prendre en charge tout ou partie des frais engagés par ses salariés utilisant des modes de transports alternatifs pour leur trajet domicile-travail :  en vélo personnel (classique ou électrique), en covoiturage (conducteur ou passager), en autopartage, en trottinette, etc.

Le FMD prend la forme d’une allocation forfaitaire exonérée de cotisations et contributions sociales jusqu’à 600 € au titre de l’année 2025. Il peut se cumuler avec la prime transport, dans la limite d’un plafond global de 600 €.

Lorsque le salarié bénéficie en plus de la prise en charge obligatoire des transports publics, l’exonération peut atteindre 900 € dans certaines configurations.

Le FMD est l’outil idéal pour soutenir la transition écologique tout en renforçant l’engagement des salariés.

Ce qui change au 1er janvier 2026

À date, aucune réforme officielle n’a été adoptée pour 2026. Les règles en vigueur en 2025 devraient donc se poursuivre. Cependant, plusieurs tendances politiques et budgétaires laissent penser que certains ajustements pourraient être discutés :

  • retour au cadre strict : exonération limitée à la prise en charge obligatoire (50 %). Toute part supplémentaire sera réintégrée fiscalement et socialement ;
  • plafonds maintenus pour les dispositifs facultatifs (prime transport et forfait mobilités durables), mais cumul plus encadré ;
  • fin des assouplissements introduits en 2022-2025 ;
  • renforcement des incitations aux mobilités « vertes » ;
  • éventuelle limitation progressive des avantages liés au carburant thermique ;
  • élargissement des modes de transport éligibles au FMD.

Il convient de rester attentifs aux débats de la loi de finances pour 2026 sur le sujet.

Nos conseils pour anticiper

  1. Profitez des mesures 2025 : si vous souhaitez renforcer votre politique de mobilité, c’est le moment.
  2. Communiquez dès maintenant : informez vos salariés des dispositifs disponibles et des changements à venir.
  3. Préparez vos budgets 2026 : intégrez la fin des exonérations élargies dans vos prévisions.
  4. Formalisez vos pratiques : justificatifs, mentions sur bulletin de paie, procédures internes.

Ces dispositions nécessitent une attention particulière, notamment liée au formalisme à respecter mais également au juste calcul du plafond d’exonération et de cumul des dispositifs. Elles peuvent compléter les mesures de fidélisation des salariés mises en place dans l’entreprise.

Nos équipes restent à votre disposition pour tout complément d’information concernant ce sujet. N’hésitez pas à consulter votre contact habituel Baker Tilly ou à vous rapprocher de nos équipes Conseil RH.

Auteur

valerie rousseau

Valérie Rousseau

Responsable prospective et stratégie expertise sociale