Dominique Grangereau
Associé - Expert-comptable
La TVA est une taxe dont la gestion repose autant sur des règles fiscales que sur une organisation interne bien structurée. À ce titre, la suppression annoncée du régime réel simplifié de TVA et de la déclaration annuelle CA12 à compter du 1er janvier 2027 constitue une évolution importante pour de nombreuses entreprises.
Derrière cette réforme, l’objectif est clair : moderniser les obligations déclaratives avec l’arrivée de la facturation électronique, sécuriser le recouvrement de la TVA et rapprocher les flux déclaratifs de la réalité économique des entreprises. Mais pour les dirigeants, cette transformation ne sera pas neutre. Elle implique une modification du rythme de gestion administrative, ainsi qu’une adaptation des outils et des pratiques de pilotage. Voici l’essentiel à savoir sur les impacts de la suppression du régime simplifié de TVA pour les entreprises concernées.
Le fonctionnement du régime simplifié de TVA repose sur une logique simple : plutôt que de déclarer la TVA chaque mois ou chaque trimestre, les entreprises s’acquittent de deux acomptes dans l’année, calculés sur la base de l’exercice précédent, puis déposent une déclaration annuelle de régularisation, la déclaration CA12.
Le régime réel simplifié de TVA concerne les entreprises dont le chiffre d’affaires reste en dessous de certains seuils et dont la TVA annuelle demeure limitée :
Avec le temps, ce modèle simplifié de TVA a toutefois montré ses limites, dont la principale repose sur l’écart entre la réalité économique de l’entreprise et les acomptes appelés par l’administration. Dans un contexte de variation d’activité, les acomptes calculés sur la base de l’année précédente peuvent rapidement devenir inadaptés.
Cela peut générer :
Ces éléments ont conduit les pouvoirs publics à revoir en profondeur le dispositif.
À compter du 1er janvier 2027, les entreprises relevant aujourd’hui du régime réel simplifié de TVA basculeront dans un régime déclaratif plus régulier :
La TVA sera payée de manière beaucoup plus régulière nécessitant un niveau d’exigence de suivi administratif tout au long de l’exercice.
Même si l’échéance de 2027 peut sembler encore lointaine, cette réforme mérite d’être intégrée dès aujourd’hui dans la réflexion des dirigeants.
Cette évolution du régime de TVA s’inscrit dans un mouvement plus large de transformation de la gestion fiscale des entreprises, porté notamment par la généralisation progressive de la facturation électronique.
À partir de sa mise en place, les flux de facturation seront transmis et structurés de manière beaucoup plus automatisée, ce qui facilitera la remontée des données de TVA, mais imposera également une cohérence stricte entre la facturation, la comptabilité et les déclarations fiscales.
Dans ce nouveau cadre, la TVA sera de plus en plus pilotée à partir de données reçues ou émises « quasiment » en temps réel, issues directement des factures électroniques, ce qui renforcera la fiabilité des déclarations.
Pour les entreprises, ces deux réformes combinées signifient une évolution majeure du pilotage fiscal, avec un besoin renforcé de coordination des outils et des processus internes afin d’assurer une conformité continue et sécurisée.
Pas systématiquement. Le principe général repose sur une périodicité trimestrielle si le chiffre d’affaires reste inférieur à 1 million d’euros (1,1 million en cours d’année). Le passage au mensuel ne concernera que les entreprises dépassant ces seuils, les franchissant en cours d’exercice, ou sur option.
L’arrivée de la facturation électronique exige de disposer d’outils qui permettent de répondre aux exigences d’échanges de données. La disparition du régime simplifié de TVA, à lui seul, n’est pas une exigence d’évolution des outils, mais plutôt d’adaptation de l’organisation. Toute anticipation de celle-ci sera bénéfique.