Frédérique Gautier
Chargée de contenu éditorial
Depuis le 1er janvier 2016, le régime fiscal du micro-bénéfice agricole a succédé au régime fiscal du forfait agricole.
Destiné aux petites exploitations, le micro-BA permet, notamment, de simplifier l’imposition de ces structures. Nos experts-comptables agricoles spécialisés vous présentent ce mécanisme, ses modalités d’accès, ses avantages et ses limites.
Le régime micro-BA est réservé aux exploitants agricoles individuels dont les recettes encaissées n’excèdent pas une moyenne de recettes HT, calculée sur 3 années consécutives.
Le seuil d’application du régime micro-BA pour les années 2024 et 2025 était fixé à 120 000 € (contre 91 900 € auparavant). Il a été maintenu à ce montant au 1er janvier 2026.
Attention, le régime micro-BA ne peut pas bénéficier :
Les activités agricoles éligibles au régime micro-BA sont celles qui relèvent des bénéfices agricoles (BA) et génèrent des recettes issues directement de l’exploitation agricole.
Sont notamment concernés :
Dans le cadre du régime micro-BA, le bénéfice imposable, avant prise en compte des plus et moins-values de cession des biens affectés à l’exploitation, est égal à la moyenne des recettes de l’année d’imposition et des 2 années précédentes, minorée d’un abattement forfaitaire de 87 %, qui ne peut pas être inférieur à 305 €.
Pour calculer le bénéfice imposable, les recettes à prendre en compte correspondent :
En revanche, sont exclues du bénéfice imposable les sommes encaissées à l’occasion de la cession d’un élément de l’actif immobilisé, les remboursements de charges engagées via l’entraide agricole, les subventions et primes d’équipement, les redevances ayant leur origine dans le droit de propriété et les indemnités compensatoires de handicaps naturels (ICHN).
En cas de création d’activité, le montant des recettes à retenir est égal, pour l’année de la création, aux recettes de cette même année. Pour l’année suivante, c’est la moyenne des recettes de l’année d’imposition et de l’année précédente (année de la création) qui est prise en compte.
Dans le cadre du régime micro-BA, aucune déclaration professionnelle n’est attendue par l’administration fiscale.
Pour l’exploitant agricole, il suffit de reporter les montants des recettes des trois années précédentes et des plus ou moins-values réalisées sur la déclaration de revenus complémentaire des professions non salariées n° 2042-C-PRO.
D’un point de vue comptable, l’exploitant doit tenir un détail journalier des recettes professionnelles encaissées et conserver les factures et pièces justificatives de ces recettes.
Un exploitant agricole, soumis de plein droit au régime micro-BA, peut opter pour le régime réel simplifié. Cette option est valable un an et reconduite tacitement chaque année pour un an, sauf renonciation avant la date limite de dépôt de la déclaration de résultats de l’exercice précédent.
L’exploitant agricole peut également opter pour le régime réel normal. Cette option est valable pour l’exercice au titre duquel elle est exercée et pour l’exercice suivant et reconduite tacitement par période de deux exercices, sauf renonciation formulée dans le délai de dépôt de la déclaration des résultats du dernier exercice de chaque période.
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Régime micro-BA en 2024, 2025 et 2026 |
Régime réel |
Régime réel normal |
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CA HT inférieur à 120 000 € |
CA HT compris entre 120 000 € et 391 000 € |
CA HT supérieur à 391 000 € |
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Avantages |
Limites |
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Un registre des recettes suffit : pas de tenue d’une comptabilité complète (bilan, compte de résultat, etc.)
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Impact sur les aides au financement : les organismes bancaires ou certains dispositifs d’aides peuvent préférer des comptes détaillés (ce que le régime micro-BA ne fournit pas)
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Application d’un abattement forfaitaire de 87 % sur les recettes (avec un minimum d’abattement de 305 €), ce qui peut être très favorable si les charges réelles sont faibles |
Application d’un abattement forfaitaire qui peut se révéler non judicieux si les charges réellement supportées sont supérieures |
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Possibilité d’opter pour un régime fiscal plus avantageux |
Respect d’un seuil de recettes à ne pas franchir |
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Modalités de gestion plus souples et coûts de gestion allégés |
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Si l’exploitant débute une activité agricole, il doit déclarer son activité sur le guichet unique des entreprises. En l’absence d’option pour le régime réel, il sera automatiquement placé sous le régime micro-BA.
Un exploitant agricole ayant quitté le régime micro-BA pour un régime réel ne peut pas y revenir directement. Il devra attendre que ses recettes moyennes repassent sous le seuil de 120 000 € pendant 3 années consécutives. Ce n’est qu’à l’issue de cette période que le régime micro-BA sera de nouveau applicable, sauf s’il choisit à nouveau le régime réel.
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Oui, un exploitant agricole peut tout à fait renoncer au régime micro-BA, même s’il y est éligible. Cette renonciation se fait par le biais d’une option pour le régime réel.
Oui, il est possible de revenir au régime micro-BA après être passé au régime réel, mais certaines conditions doivent être remplies : la moyenne des recettes est repassée sous le seuil requis pendant trois années consécutives et aucune nouvelle option pour le régime réel n’a été formulée.
Oui, le régime micro-BA est compatible avec une activité secondaire non agricole, à condition que l’activité agricole reste principale. L’activité non agricole doit être accessoire et ne pas générer la majorité du chiffre d’affaires total. Chaque activité est imposée selon son propre régime fiscal.
Oui, un GAEC ou une EARL à associé unique peut accéder au régime micro-BA, à condition que la moyenne des recettes sur trois ans n’excède pas le plafond prévu. En revanche, les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés (IS) ne peuvent pas en bénéficier.