Valérie Rousseau
Responsable prospective et stratégie expertise sociale
Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic), qui remplace le Smig depuis la loi n° 70-7 du 2 janvier 1970, correspond au salaire horaire minimum légal que le salarié doit percevoir. Régulièrement revalorisé, le Smic demeure une valeur « plancher » qui doit être absolument respectée par l’employeur.
Le Smic assure aux salariés, dont les rémunérations sont les plus faibles, la garantie de leur pouvoir d’achat. Il est désormais revalorisé sur la base de la hausse des prix et la hausse du salaire moyen, selon 3 modalités :
Au 1er janvier 2023, le Smic atteint 1 709,28 € bruts par mois, soit 1 353 euros nets pour 35 heures hebdomadaires.
Pour vérifier qu’un salarié est bien rémunéré au niveau du Smic, il convient de prendre en compte le salaire correspondant au travail effectif (salaire de base et commissions) ainsi que les avantages en nature. Les compléments de salaire qui ne sont pas liés à la productivité ne doivent pas être comptabilités.
Des abattements sont, par ailleurs, applicables, dans certains cas (apprentis et salariés de moins de 18 ans).
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Salaire, avantages et primes |
Somme prise en compte ? |
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Salaire de base |
Oui |
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Avantages en nature |
Oui |
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Primes liées à la productivité |
Oui |
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Remboursements de frais (y compris la prime de transport) |
Non |
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Majorations pour heures supplémentaires |
Non |
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Primes de participation et d’intéressement |
Non |
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Primes d’ancienneté, d’assiduité ou relatives à des conditions particulières de travail (insalubrité) |
Non |
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Primes de vacances, de fin d’année, sauf si elles sont versées par acomptes mensuels |
Non |
C’est mois par mois qu’il convient d’apprécier si le salarié a bien perçu une rémunération au moins égale au minimum légal. Ainsi, les primes annuelles (comme le 13è mois, par exemple) sont prises en compte le mois de leur versement (cass. soc. 2 mars 1994, n° 89-45881, BC V n° 76). Une prime de fin d’année ne peut donc pas être fractionnée afin de remédier à l’insuffisance de salaire les autres mois, sauf si l’accord collectif qui a instauré la prime prévoit un paiement fractionné mois par mois.
Si l’employeur doit respecter le Smic, il doit également respecter le minimum qui peut être prévu par la convention collective de l’entreprise ou ses avenants.
En pratique, il s’agit de taux minima de salaires correspondant à la classification du salarié concerné dans l’échelle des rémunérations de la convention. L’employeur doit alors conjuguer minimum conventionnel et Smic.
L’employeur doit respecter les minimas conventionnels :
L’employeur doit verser au salarié le salarie le plus avantageux entre le Smic (légal) et le SMC (salaire minimum conventionnel).
La revalorisation des minimas légaux ou conventionnels n’auront pas d’effet sur tous les salaires, mais uniquement sur ceux qui seront au plancher des grilles de rémunération ou du Smic.
Une clause d’indexation des salaires est interdite, peu importe qu’elle soit prévue par un contrat de travail, une convention ou un usage.
La nullité des clauses d’indexation est d’ordre public. Toute personne y ayant intérêt peut s’appuyer sur cette nullité… Ainsi, le salarié ne peut se prévaloir de cette clause réputée nulle et exiger son application.
Par ailleurs, l’insertion d’une clause interdite dans le contrat de travail est susceptible d’engager la responsabilité de l’employeur au paiement de dommages-intérêts.
Pensez à vérifier, chaque mois, le respect du Smic ou du minima conventionnel sur vos fiches de paie. Des outils d’analyse sont certainement à votre disposition dans votre logiciel de paie pour vous aider dans cette démarche.
Analysez la nature des primes et avantages au sein de votre entreprise : sont-ils à inclure dans le calcul du Smic mensuel ?
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