Les incendies exceptionnels qui touchent actuellement plusieurs régions françaises ne menacent pas uniquement les biens et les infrastructures. Les fumées dégagées peuvent dégrader fortement la qualité de l’air sur de vastes territoires et exposer les salariés à des risques sanitaires parfois importants, même à plusieurs kilomètres des foyers d’incendie. Face à cette situation, le ministère du Travail a publié le 28 juillet 2026 des recommandations destinées aux employeurs afin de les aider à protéger la santé et la sécurité des salariés tout en assurant, autant que possible, la continuité de leur activité.

 

Quelle obligation de sécurité s’impose à l’employeur ?

L’employeur est tenu d’une obligation générale de prévention des risques professionnels. Dans ce cadre, il doit dès lors :

  • évaluer les risques liés à la pollution de l’air ;
  • identifier les salariés les plus exposés ;
  • mettre en place des mesures de prévention adaptées ;
  • actualiser si nécessaire son document unique d’évaluation des risques ;
  • associer le CSE, lorsqu’il existe ;
  • solliciter le service de prévention et de santé au travail si besoin.

Les entreprises sont également invitées à suivre les recommandations des autorités locales, de l’ARS et des organismes de surveillance de la qualité de l’air.

 

Le télétravail, première mesure de prévention

Lorsque les missions le permettent, le ministère recommande de privilégier le télétravail. Dans ce contexte exceptionnel, l’employeur peut imposer temporairement le télétravail afin de protéger les salariés et assurer la continuité de l’activité.

Cette solution permet de limiter immédiatement l’exposition aux fumées, les déplacements professionnels et les risques liés aux conditions environnementales.

 

Quels aménagements pour les salariés travaillant en extérieur ?

Les salariés exerçant en extérieur sont particulièrement concernés par les particules fines émises par les incendies. Le ministère recommande notamment :

  • de limiter la présence en extérieur aux seuls salariés indispensables ;
  • d’organiser des rotations afin de réduire les temps d’exposition ;
  • de prévoir des espaces de repos à air sain ;
  • de fournir des masques FFP2 ou équivalents ;
  • de mettre à disposition de l’eau en quantité suffisante ;
  • d’éviter les efforts physiques non essentiels ;
  • d’équiper les salariés de vêtements couvrants et de lunettes de protection.

Une vigilance particulière doit être portée aux salariés vulnérables, notamment les femmes enceintes ou les personnes présentant des fragilités respiratoires.

 

Quelles mesures pour les salariés travaillant dans des locaux fermés ?

Pour les activités réalisées en intérieur, le ministère ne préconise pas le port systématique du masque. En revanche, il recommande aux employeurs :

  • de vérifier les systèmes de ventilation ;
  • de contrôler l’état des filtres ;
  • d’éviter l’entrée d’air extérieur non filtré ;
  • de maintenir portes et fenêtres fermées lorsque l’air extérieur est dégradé ;
  • d’aérer uniquement lorsque les conditions sont favorables.

 

Attention au cumul pollution et fortes chaleurs

La situation est encore plus sensible lorsque les épisodes de pollution coïncident avec des périodes de canicule. Le port prolongé de certains équipements de protection peut devenir difficile et augmenter la fatigue des salariés.

Les employeurs peuvent alors être amenés à aménager les horaires, renforcer les temps de pause, adapter les rythmes de travail et favoriser l’hydratation régulière des équipes.

 

Que faire en cas de symptômes ou de danger ?

Tout salarié présentant des difficultés respiratoires, une toux persistante ou des irritations importantes doit pouvoir se retirer immédiatement de la zone concernée et consulter un professionnel de santé.

Le droit de retrait continue également de s’appliquer dans les conditions habituelles lorsqu’un salarié estime être confronté à un danger grave et imminent.

 

Nos préconisations

Face à ces épisodes de pollution exceptionnels, il est essentiel d’agir avec anticipation.

Nous recommandons aux entreprises de :

  • mettre à jour leur évaluation des risques et leur DUERP ;
  • identifier les postes « télétravaillables » avant toute aggravation de la situation ;
  • définir une procédure d’alerte pour les salariés isolés ou exposés ;
  • suivre quotidiennement les indicateurs de qualité de l’air publiés par Atmo France ;
  • sensibiliser les managers aux mesures de prévention et aux signaux d’alerte sanitaire ;
  • accorder une attention particulière aux salariés les plus vulnérables.

La capacité de l’employeur à démontrer les mesures mises en œuvre pour protéger ses collaborateurs pourra être déterminante en cas de contrôle ou de contestation ultérieure.

Pour renforcer l’efficacité de vos actions de prévention, n’hésitez pas à faire appel à l’expertise des équipes de notre partenaire Pôle Prévention.

Notre service Conseil RH est également disponible pour tout complément d’information concernant ce sujet et tout appui dans l’évaluation de vos pratiques RH.

Source

Ministère du Travail, FAQ « Protéger la santé et la sécurité des travailleurs face au risque de pollution de l’air résultant d’incendies de forêts », 28 juillet 2026

Auteur

valerie rousseau

Valérie Rousseau

Responsable prospective et stratégie expertise sociale