Valérie Rousseau
Responsable prospective et stratégie expertise sociale
Les incendies exceptionnels qui touchent actuellement plusieurs régions françaises ne menacent pas uniquement les biens et les infrastructures. Les fumées dégagées peuvent dégrader fortement la qualité de l’air sur de vastes territoires et exposer les salariés à des risques sanitaires parfois importants, même à plusieurs kilomètres des foyers d’incendie. Face à cette situation, le ministère du Travail a publié le 28 juillet 2026 des recommandations destinées aux employeurs afin de les aider à protéger la santé et la sécurité des salariés tout en assurant, autant que possible, la continuité de leur activité.
L’employeur est tenu d’une obligation générale de prévention des risques professionnels. Dans ce cadre, il doit dès lors :
Les entreprises sont également invitées à suivre les recommandations des autorités locales, de l’ARS et des organismes de surveillance de la qualité de l’air.
Lorsque les missions le permettent, le ministère recommande de privilégier le télétravail. Dans ce contexte exceptionnel, l’employeur peut imposer temporairement le télétravail afin de protéger les salariés et assurer la continuité de l’activité.
Cette solution permet de limiter immédiatement l’exposition aux fumées, les déplacements professionnels et les risques liés aux conditions environnementales.
Les salariés exerçant en extérieur sont particulièrement concernés par les particules fines émises par les incendies. Le ministère recommande notamment :
Une vigilance particulière doit être portée aux salariés vulnérables, notamment les femmes enceintes ou les personnes présentant des fragilités respiratoires.
Pour les activités réalisées en intérieur, le ministère ne préconise pas le port systématique du masque. En revanche, il recommande aux employeurs :
La situation est encore plus sensible lorsque les épisodes de pollution coïncident avec des périodes de canicule. Le port prolongé de certains équipements de protection peut devenir difficile et augmenter la fatigue des salariés.
Les employeurs peuvent alors être amenés à aménager les horaires, renforcer les temps de pause, adapter les rythmes de travail et favoriser l’hydratation régulière des équipes.
Tout salarié présentant des difficultés respiratoires, une toux persistante ou des irritations importantes doit pouvoir se retirer immédiatement de la zone concernée et consulter un professionnel de santé.
Le droit de retrait continue également de s’appliquer dans les conditions habituelles lorsqu’un salarié estime être confronté à un danger grave et imminent.
Face à ces épisodes de pollution exceptionnels, il est essentiel d’agir avec anticipation.
Nous recommandons aux entreprises de :
La capacité de l’employeur à démontrer les mesures mises en œuvre pour protéger ses collaborateurs pourra être déterminante en cas de contrôle ou de contestation ultérieure.
Pour renforcer l’efficacité de vos actions de prévention, n’hésitez pas à faire appel à l’expertise des équipes de notre partenaire Pôle Prévention.
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