Frédérique Gautier
Chargée de contenu éditorial
Augmenter sa capacité d’accueil, proposer un espace en plein air, attirer de nouveaux clients… une terrasse représente un véritable atout pour un restaurant, une brasserie ou un bar. Cependant, lorsque cela implique de s’installer sur le domaine public, l’exploitant doit, avant tout aménagement, obtenir une « autorisation d’occupation temporaire » (AOT) des autorités compétentes. Ce « droit de terrasse » nécessite, tant pour l’obtenir que pour l’utiliser, de respecter certaines règles.
Si la future terrasse doit être installée sur le domaine privé, une autorisation d’urbanisme (déclaration préalable ou permis de construire si besoin) est nécessaire. Si l’établissement dépend d’une copropriété, il conviendra de vérifier les dispositions du règlement en vigueur qui peut fixer des limites concernant certaines activités et leurs conditions d’exercice.
Dès lors qu’une terrasse nécessite l’occupation de l’espace public, une autorisation d’occupation temporaire est nécessaire.
Pour les commerçants souhaitant installer une terrasse, les principaux régimes sont :
Toutes les AOT ont 3 caractéristiques communes.
L’exploitant du restaurant, du café ou du bar doit déposer une demande à l’autorité compétente, c’est-à-dire :
L’exploitant doit remplir soit le Cerfa 14023, soit le formulaire mis en place spécifiquement par la commune. Le document doit être complété par plusieurs pièces. Si la liste peut varier d’une commune à l’autre, certaines sont classiquement demandées :
L’exploitant sera notifié par la commune ou la préfecture des suites données à sa demande. Attention, une demande sans réponse dans les 2 mois doit être considérée comme étant refusée.
Si la commune ou la préfecture accorde un permis de stationnement ou une permission de voirie, un arrêté municipal ou préfectoral sera affiché dans les locaux de la mairie ou de la préfecture pendant au moins 2 mois.
Une fois l’AOT obtenue, le commerçant est tenu de s’y conformer, sous peine de sanctions. Très concrètement, il doit respecter :
Le commerçant titulaire d’une AOT doit s’acquitter d’une redevance appelée « droit de voirie ». Son montant est fixé par la commune en fonction de l’étendue de la terrasse, de la durée d’utilisation de l’AOT et de la valeur commerciale de la rue en question.
Il convient alors de prendre en compte ce coût supplémentaire dans l’élaboration du projet de terrasse.
Par principe, une AOT n’est pas transmissible. Il existe toutefois des exceptions à cette règle en cas de décès de l’exploitant titulaire de l’autorisation. Ainsi, si les héritiers veulent poursuivre l’activité, la commune ou la préfecture leur délivre une AOT identique pour une durée de 3 mois. Ce délai doit permettre aux héritiers de formuler leur propre demande pour une nouvelle AOT. Si les héritiers ne veulent pas poursuivre l’activité, ils disposent de 6 mois pour présenter un repreneur. L’AOT pourra être transmise au successeur avec les mêmes droits que l’exploitant défunt.
De même, de son vivant, un exploitant peut présenter son successeur à la mairie ou à la préfecture pour « favoriser » l’obtention d’une AOT.
Ces équipements ne peuvent pas être installés sur une terrasse ouverte. En revanche, les terrasses fermées peuvent être chauffées ou climatisées, à condition d’être fermées avec des murs et hermétiques à l’air.
L’exploitant qui installe une terrasse sans autorisation, en méconnaissant les conditions de l’AOT ou sans payer le droit de voirie, s’expose à une amende de 1 500 €.
Nos équipes spécialisées CHR se tiennent à votre disposition pour toute information complémentaire concernant ce sujet et tout appui au pilotage de votre activité.