Mélissa Blanchard
Consultante RH
Faire appel à un sous-traitant paraît simple : une entreprise confie une prestation, l’autre la réalise. Mais déléguer une tâche ne signifie pas déléguer toute responsabilité. Le donneur d’ordre doit respecter certaines règles tout au long de la relation contractuelle et procéder à des vérifications complémentaires lorsque le montant du contrat dépasse un certain seuil.
Alors, quelles sont les principales obligations du donneur d’ordre et les bons réflexes à adopter ?
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Le donneur d’ordre |
Le sous-traitant |
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Il s’agit de l’entreprise qui confie tout ou partie d’une prestation. Elle définit le besoin et le résultat attendu. |
Il s’agit de l’entreprise qui réalise la prestation confiée. Elle reste indépendante et organise elle-même son travail. |
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Exemple : une entreprise (donneur d’ordre) confie l’entretien de ses locaux à |
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Un socle commun s’applique à tous les contrats, avec des vérifications supplémentaires obligatoires à partir d’un certain seuil :
Certaines obligations s’appliquent à tous les contrats de sous-traitance, quel que soit leur montant.
En voici les principales :
Si un agent de contrôle compétent (par exemple l’inspection du travail ou l’Urssaf) informe par écrit le donneur d’ordre qu’une infraction au droit du travail a été constatée chez son sous-traitant, le donneur d’ordre doit réagir rapidement. Il dispose de 24 heures pour informer officiellement le sous-traitant de la situation et lui demander de faire cesser l’irrégularité et de mettre en place les mesures correctives nécessaires.
Le sous-traitant dispose ensuite de 15 jours pour indiquer par écrit les actions mises en œuvre pour régulariser la situation. Le donneur d’ordre transmet cette réponse à l’agent de contrôle. En l’absence de réponse du sous-traitant, il doit en informer l’agent de contrôle dans les 2 jours suivant l’expiration de ce délai.
Le signalement peut notamment concerner :
Le donneur d’ordre peut définir la prestation, les délais et la qualité attendue afin d’avoir un résultat précis. En revanche, il ne doit pas organiser au quotidien le travail des salariés du prestataire, fixer leurs congés ou exercer sur eux un pouvoir d’employeur. En clair, le donneur d’ordre doit acheter une prestation de services, et non chercher à disposer directement de la main-d’œuvre du sous-traitant comme s’il s’agissait de ses propres salariés.
Lorsque les salariés du sous-traitant interviennent dans les locaux du donneur d’ordre, les deux entreprises doivent anticiper ensemble les risques et organiser la prestation dans des conditions de sécurité adaptées. Elles doivent coordonner leurs règles de sécurité pour éviter les accidents, par exemple en balisant une zone de travaux ou encore en fournissant des équipements de protection spécifiques.
Le seuil de 5 000 € HT s’apprécie sur le montant global de la prestation, même réglée en plusieurs factures. À partir de ce montant, certaines vérifications deviennent obligatoires et doivent être renouvelées tous les 6 mois pendant toute la durée du contrat. L’objectif est de vérifier que le sous-traitant exerce son activité de manière régulière et respecte ses principales obligations fiscales et sociales.
Pour ce faire, voici les documents indispensables à demander au sous-traitant :
C’est un document officiel délivré par l’Urssaf qui atteste que le sous-traitant effectue ses déclarations sociales et paie ses cotisations. En pratique :
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La situation |
Ce que risque le donneur d’ordre |
Montant du contrat concerné |
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Le donneur d’ordre ne réagit pas à une situation de travail dissimulé qui lui a été signalée. |
Il peut être tenu solidairement au paiement de certaines sommes dues par le sous-traitant : cotisations sociales, impôts, taxes et rémunérations. |
Tout montant |
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Il a recours, en connaissance de cause, à une entreprise pratiquant le travail dissimulé. |
Sa responsabilité financière peut être engagée et des sanctions pénales peuvent également s’appliquer. |
Tout montant |
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Il organise et encadre les salariés du sous-traitant dans des conditions remettant en cause l’indépendance de celui-ci. |
La relation peut, selon les circonstances, être considérée comme du salariat déguisé. |
Tout montant |
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Il ne réalise pas les vérifications obligatoires et le sous-traitant est verbalisé pour travail dissimulé. |
Il peut être tenu solidairement au paiement de certaines cotisations, impôts, taxes, pénalités et rémunérations dues par le sous-traitant. |
À partir de 5 000 € HT |
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Il ne réalise pas les vérifications relatives aux salariés étrangers soumis à autorisations de travail. |
En cas d’emploi d’un salarié sans autorisation, il peut être tenu solidairement au paiement de certaines sommes dues au salarié et de sanctions financières. |
À partir de 5 000 € HT |
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Il ne respecte pas la procédure à la suite du signalement d’une infraction par un agent de contrôle. |
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Un risque de plus en plus concret
En 2025, la solidarité financière du donneur d’ordre a été engagée 1 027 fois contre 557 en 2024, soit une hausse de 85 % en un an. Ces chiffres montrent que les obligations de vigilance ne sont pas seulement théoriques. Elles font l’objet de contrôles et peuvent directement engager la responsabilité du donneur d’ordre.
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