Valérie Rousseau
Responsable prospective et stratégie expertise sociale
Le dispositif de bonus‑malus sur la cotisation patronale d’assurance chômage entre dans un nouveau cycle à compter du 1er mars 2026. Comme à chaque période de modulation, les entreprises concernées vont recevoir leur taux personnalisé, calculé à partir de leur taux de séparation comparé à celui de leur subdivision de secteur. Les récentes publications de l’Urssaf et de l’Unédic permettent ainsi aux employeurs de disposer des paramètres nécessaires pour anticiper les impacts organisationnels et financiers de ce nouveau millésime.
Avant d’aborder les nouveautés applicables au 1er mars 2026, il peut être utile de relire notre article précédent sur le bonus-malus & ses évolutions.
Celui-ci permet de mieux comprendre la philosophie du dispositif, ses objectifs, ainsi que l’historique des évolutions réglementaires mises en œuvre depuis son lancement. Cette mise en perspective facilite la compréhension des changements significatifs qui s’appliquent cette année.
Le cinquième cycle de modulation du bonus-malus démarre le 1er mars 2026. Le dispositif demeure applicable aux entreprises comptant au moins 11 salariés et appartenant à des secteurs identifiés comme recourant fréquemment aux contrats courts.
L’avenant du 7 juillet 2025 à la convention d’assurance chômage, mis en application par l’arrêté du 18 février 2026 (publié au JO du 20 février 2026), introduit trois évolutions majeures :
Le nombre de secteurs concernés passe de sept à six, entraînant la sortie de certains employeurs du dispositif.
Les fins de contrats prises en compte dans le calcul du taux de séparation sont redéfinies afin de mieux refléter les pratiques réelles des entreprises.
La comparaison entre le taux de séparation de l’entreprise et celui de référence ne s’effectue plus au niveau du secteur global, mais au niveau des subdivisions de secteur. Cette évolution vise à prendre en considération les spécificités économiques de chaque activité et à réduire les écarts injustifiés entre entreprises d’une même branche.
Ce nouveau cycle démarrera le 1er mars 2026 et se terminera le 28 février 2027.
Dans une information du 26 février 2026, l’Urssaf précise que les employeurs concernés seront notifiés à compter du 27 février 2026.
Chaque entreprise recevra son taux d’assurance chômage modulé applicable aux périodes d’emploi débutant le 1er mars 2026.
Certaines entreprises pourront également être informées de leur sortie du dispositif. Tel sera notamment le cas des entreprises du secteur « travail du bois, industrie du papier et imprimerie », désormais exclues du champ d’application.
Important
Les nouvelles données doivent être intégrées dès les paies de mars. Assurez-vous sans délai d’avoir bien reçu ces informations.
Jusqu’à présent, la modulation reposait sur une comparaison entre le taux de séparation de l’entreprise et le taux médian de son secteur. À compter du 1er mars 2026, cette référence évolue : elle devient le taux médian de la subdivision de secteur dont relève l’entreprise. La circulaire Unédic 2026‑02 du 26 février 2026 publie l’ensemble des taux médians applicables pour cette nouvelle période.
Ce changement vise à corriger les effets liés à l’hétérogénéité de certaines branches, en comparant chaque entreprise à un référentiel plus cohérent avec sa réalité d’activité. Ces taux médians détermineront, pour l’année à venir, l’intensité du bonus ou du malus appliqué.
Afin d’aider les employeurs à comprendre et maîtriser le dispositif, les Urssaf mettent à disposition un guide complet sur le bonus‑malus assurance chômage.
Ce guide présente notamment :
Afin de limiter l’impact du bonus‑malus sur votre entreprise, voici les réflexes à adopter sans attendre :
Dès réception du taux modulé, comparez-le à celui de l’an dernier. Si vous constatez une variation importante, analysez les fins de contrat déclarées : ce sont elles qui influencent directement votre taux de séparation.
Le nouveau taux s’appliquera dès les paies de mars. Nous vous recommandons de réaliser une rapide simulation pour mesurer son impact financier et adapter, si besoin, votre stratégie de recrutement pour 2026‑2027.
Limiter les fins de contrat qui entraînent l’inscription de vos salariés à l’assurance chômage. Cela implique de mieux anticiper vos besoins, de stabiliser vos emplois, de sécuriser vos pratiques internes et de repenser vos modes contractuels de recrutement. Limiter le recours aux contrats courts reste l’action la plus efficace pour éviter le malus.
Par ailleurs, certaines ruptures — comme les démissions, les fins de période d’essai à votre initiative ou encore les ruptures conventionnelles — sont également prises en compte dans le calcul du taux et méritent une attention particulière.
Une mauvaise qualification d’une fin de contrat peut fausser votre taux. Nous vous conseillons de vérifier régulièrement vos déclarations et de corriger rapidement toute anomalie.
Vous souhaitez actualiser ou renforcer vos connaissances sur les cotisations d’assurance chômage ? N’hésitez pas vous rapprocher de notre service Formation.
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