Stéphanie Loison
Manager Expertise RH et sociale
Le cumul emploi-retraite permet aux retraités qui reprennent ou poursuivent une activité professionnelle de conserver certains droits sociaux. En continuant à cotiser aux assurances sociales au titre de leur activité, ils peuvent ainsi prétendre au versement d’indemnités journalières de Sécurité sociale en cas d’arrêt maladie. Cependant, ce droit est assorti d’une limite importante en termes de durée.
Le dispositif de cumul emploi-retraite s’adresse aux personnes qui :
Le versement d’indemnités journalières est ouvert à ces salariés dès lors qu’ils justifient :
Depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020, les règles applicables en matière d’indemnisation des arrêts maladie ont été modifiées pour ces salariés.
Le décret n° 2021-428 du 12 avril 2021 limite ainsi à 60 jours calendaires la durée d’indemnisation des arrêts maladie pour les salariés en situation de cumul emploi-retraite. Une fois ce plafond de jours atteint, aucune indemnité journalière supplémentaire ne peut être versée au titre d’un nouvel arrêt maladie.
Cette mesure fait régulièrement l’objet de débats. Plusieurs parlementaires ont souligné les difficultés qu’elle peut engendrer pour les personnes contraintes de poursuivre une activité professionnelle afin de compléter le montant de leur pension de retraite.
Le gouvernement justifie cette disposition par une volonté d’équilibrer le système. Un arrêt de longue durée chez une personne de plus de 62 ans est souvent interprété comme une fin définitive d’activité… ce qui n’est pas forcément le cas.
L’emploi de salariés en cumul emploi-retraite implique une vigilance particulière de la part des employeurs :
Il peut être utile d’informer les salariés de l’existence de cette limitation afin qu’ils mesurent les conséquences financières potentielles d’un arrêt maladie de longue durée.
Il convient également d’examiner les garanties prévues par le régime de prévoyance collective de l’entreprise, ainsi que les mécanismes conventionnels ou contractuels de maintien de salaire. Selon les contrats souscrits, ces garanties peuvent permettre de compléter la protection du salarié lorsque les indemnités journalières cessent d’être versées.
Ces salariés, souvent expérimentés, peuvent occuper dans l’entreprise des fonctions clés. Dans certains secteurs confrontés à des difficultés de recrutement (artisanat, santé, enseignement, etc.) ou lorsque certains savoir-faire doivent impérativement être préservés, il est recommandé d’anticiper la transition – et les éventuelles périodes d’absence – pour éviter toute rupture dans l’organisation.
Pour ce faire, pensez à solliciter votre Opco (opérateur de compétences). Des dispositifs tels que l’action de formation en situation de travail (AFEST) peuvent constituer des leviers intéressants pour accompagner cette démarche.
Votre interlocuteur habituel Baker Tilly est à vos côtés pour vous apporter conseil sur le sujet. Les équipes de notre partenaire Capital Compétences sont également à votre disposition pour vous aider à structurer et à mettre en œuvre un tel projet.