Valérie Rousseau
Responsable prospective et stratégie expertise sociale
Alors que le rapport au travail continue de se transformer, les entreprises sont confrontées à un défi de taille : rester désirables aux yeux des talents et capables de les engager dans la durée. Si la rémunération demeure un facteur important, elle s’inscrit désormais dans une approche plus globale intégrant qualité de vie au travail, management, reconnaissance et perspectives d’évolution. L’enjeu pour les dirigeants et les responsables RH n’est donc plus seulement de proposer des avantages, mais de construire une véritable « expérience salarié », en phase avec les nouvelles aspirations des collaborateurs.
Tour d’horizon des leviers à activer pour attirer, engager et fidéliser les talents.
La réflexion sur l’attractivité et la fidélisation intervient souvent dans plusieurs situations :
Il ne s’agit pas seulement d’accorder davantage d’avantages. L’enjeu consiste également à utiliser les dispositifs existants de manière pertinente en tenant compte de leur coût, de leur régime social et fiscal et des attentes réelles des équipes.
Face aux contraintes économiques, de nombreuses entreprises ne peuvent pas répondre à toutes les attentes par des augmentations de rémunération. D’ailleurs, une hausse de salaire génère des charges sociales et augmente durablement la masse salariale.
Pour autant, les salariés restent attentifs à leur pouvoir d’achat. Ils recherchent également des solutions qui facilitent leur quotidien, améliorent leur protection sociale ou leur permettent de mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle.
Dans ce contexte, les employeurs disposent de plusieurs leviers qui peuvent présenter un intérêt à la fois pour l’entreprise et pour les salariés.
Le coût des déplacements domicile-travail constitue aujourd’hui une préoccupation importante pour de nombreux salariés, notamment dans les territoires où l’usage du véhicule personnel est indispensable. Au-delà de la prise en charge obligatoire de 50 % des abonnements de transport en commun, les employeurs peuvent mettre en place plusieurs dispositifs complémentaires.
Le forfait mobilités durables (FMD) permet par exemple de prendre en charge les déplacements effectués à vélo, en covoiturage ou à l’aide de moyens de transport alternatifs. Ce dispositif s’inscrit dans une démarche à la fois sociale et environnementale.
La prime transport peut également être utilisée pour aider les salariés contraints d’utiliser leur véhicule personnel en raison de l’absence de transports collectifs adaptés ou d’horaires incompatibles.
Certaines entreprises vont encore plus loin en mettant à disposition une flotte de vélos destinée aux déplacements domicile-travail. Cette mesure participe à la qualité de vie des salariés tout en répondant aux enjeux de mobilité durable.
Ces dispositifs permettent d’apporter une réponse concrète à une dépense récurrente qui pèse directement sur le budget des salariés.
La protection sociale complémentaire fait partie des éléments de plus en plus étudiés par les candidats avant de rejoindre une entreprise. L’employeur peut choisir d’améliorer les garanties de la complémentaire santé au-delà du minimum légal ou conventionnel. Il peut également renforcer la couverture prévoyance afin de mieux protéger les salariés et leur famille en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de décès.
Certaines entreprises mettent également en place un régime de retraite supplémentaire afin d’accompagner les salariés dans la préparation de leur avenir.
Ces dispositifs sont souvent moins visibles qu’une prime ponctuelle, mais ils participent à la construction d’une relation durable entre l’employeur et ses collaborateurs et ils sont particulièrement appréciés par les salariés qui recherchent une meilleure protection pour eux-mêmes et leur famille.
Les problématiques liées à la parentalité occupent une place croissante dans les attentes des salariés. Les entreprises peuvent intervenir de différentes manières en proposant une aide à la garde d’enfants ou en finançant des services à la personne par l’intermédiaire de CESU préfinancés.
La réservation collective de places en crèche constitue également une solution particulièrement appréciée dans les zones où les places d’accueil sont limitées.
Ces mesures peuvent faciliter la vie quotidienne des salariés et contribuer à réduire certaines difficultés d’organisation familiale.
Parmi les dispositifs d’optimisation sociale, l’épargne salariale continue de présenter un intérêt particulier. L’intéressement permet d’associer collectivement les salariés aux performances ou aux résultats de l’entreprise selon des critères définis par accord. La formule peut être adaptée à l’activité et aux objectifs poursuivis.
Lorsqu’elle est applicable, la participation poursuit une logique similaire de partage de la valeur créée par l’entreprise.
L’intérêt de ces dispositifs est renforcé lorsqu’ils sont associés à un plan d’épargne entreprise (PEE) ou à un plan d’épargne retraite collectif (PERECO). L’employeur peut alors compléter les versements du salarié grâce à un abondement.
Ces dispositifs permettent de mieux associer les salariés à la performance de l’entreprise tout en les encourageant à se constituer une épargne à moyen ou long terme. Ils contribuent également à renforcer leur engagement et leur sentiment d’appartenance, tout en pouvant, dans certaines situations, bénéficier également aux dirigeants.
Pour de nombreuses PME, l’épargne salariale constitue ainsi un levier pertinent pour compléter la rémunération sans augmenter mécaniquement les salaires fixes.
Certains dispositifs conservent toute leur place dans une politique d’attractivité.
Les titres-restaurant demeurent une aide directe aux dépenses du quotidien. Ils sont largement connus des salariés et constituent souvent un critère de comparaison entre employeurs.
Les chèques-vacances, les chèques culture, les bons d’achat ou encore certaines activités sportives financées par l’entreprise contribuent également à améliorer le pouvoir d’achat ou la qualité de vie des collaborateurs.
Même lorsque leur montant est limité, ces avantages participent à la perception globale qu’un salarié peut avoir de son employeur.
Les dispositifs financiers et sociaux constituent des outils utiles, mais ils ne suffisent pas à eux seuls à fidéliser durablement les salariés. L’organisation du travail est devenue un facteur de choix important. Le télétravail, lorsque l’activité le permet, est désormais intégré par de nombreux candidats dans leurs critères de sélection d’un employeur.
La flexibilité des horaires, l’aménagement du temps de travail, le compte épargne temps ou encore la possibilité d’adapter ponctuellement son organisation professionnelle aux contraintes personnelles figurent également parmi les attentes fréquemment exprimées.
Au-delà de ces aspects, les salariés sont particulièrement sensibles à la qualité du management, à la reconnaissance de leur travail, à l’autonomie qui leur est accordée et aux perspectives d’évolution qui leur sont offertes.
Un salarié peut être attiré par une rémunération ou un avantage social. En revanche, il reste généralement dans l’entreprise lorsqu’il trouve un environnement de travail satisfaisant, un management de qualité et un équilibre compatible avec ses aspirations personnelles et professionnelles.
À retenir
La fidélisation des collaborateurs repose désormais sur une combinaison de leviers dépassant la seule rémunération. Pour ce faire, les entreprises disposent de nombreux outils : aides à la mobilité, protection sociale renforcée, dispositifs liés à la parentalité, épargne salariale, avantages du quotidien ou aménagement du temps de travail. Autant de dispositifs qui, intégrés dans une politique RH cohérente, contribuent à renforcer l’attractivité et l’engagement des collaborateurs.
Pour construire une politique sociale adaptée à vos enjeux, nos équipes vous accompagnent dans le choix et la mise en œuvre des dispositifs les plus pertinents. En complément, Oratio Avocats assure la sécurisation juridique de vos projets et Ombello vous apporte son expertise en matière de rémunération, protection sociale, retraite, épargne salariale et partage de la valeur.