La DSN de substitution constitue une évolution majeure en 2026 : certaines anomalies non corrigées dans vos déclarations pourront désormais être automatiquement rectifiées par l’Urssaf, avec des impacts sur vos cotisations et les droits de vos salariés.

La fiabilité des données DSN est plus que jamais un enjeu central de conformité, et comprendre ce nouveau dispositif permet d’anticiper ses effets. Pour aller plus loin, nos experts en conformité de la paie vous expliquent comment sécuriser vos déclarations.

 

Qu’est-ce que la DSN de substitution ?

La DSN de substitution est un dispositif mis en place par l’Urssaf à partir de mai 2026 permettant de corriger automatiquement certaines données déclarées en DSN lorsque les anomalies signalées dans les comptes rendus métiers (CRM) ne sont pas corrigées ou contestées dans les délais.

Concrètement, l’Urssaf peut recalculer les bases et cotisations sociales à partir de ses propres règles et substituer ses calculs à ceux déclarés par l’entreprise.

 

Comment fonctionne la DSN de substitution en 2026 ?

Avec l’entrée en vigueur de ce dispositif, la gestion des anomalies DSN évolue significativement. Désormais, l’absence de correction ou de contestation des écarts signalés peut entraîner une intervention directe de l’Urssaf.

En pratique, lorsque les anomalies identifiées ne sont pas traitées dans un délai de deux mois, les données déclarées peuvent être ajustées automatiquement. Les bases et cotisations sont alors recalculées selon les règles de l’administration, sans intervention de l’entreprise.

Cette évolution marque un changement important : la correction des DSN ne relève plus uniquement d’une démarche volontaire, mais devient un enjeu de conformité immédiat.

Pour prévenir et éviter toute anomalie déclarative, l’audit DSN apparaît comme une solution d’évidence.

 

Quel est le calendrier 2026 de la DSN de substitution ?

La mise en œuvre de la DSN de substitution en 2026 repose sur un calendrier précis, que les entreprises doivent anticiper pour sécuriser leurs déclarations.

1. Mars 2026 : réception du CRM annuel (CRM 124)

À compter du 13 ou du 23 mars, selon votre échéance DSN (le 5 ou le 15 du mois), l’Urssaf met à disposition un compte rendu métier annuel. Ce document recense les anomalies constatées en 2025 et non corrigées. Il est accessible via le tableau de bord « Suivi DSN » ou directement dans votre logiciel de paie.

2. Mars à mai 2026 : phase de correction ou de contestation

Jusqu’au 5 ou 15 mai, vous pouvez corriger les anomalies, solliciter des précisions auprès de l’Urssaf ou contester les écarts identifiés. Toute contestation doit être argumentée pour être prise en compte.

3. Juin 2026 : validation et mise en œuvre de la substitution

En juin 2026, l’Urssaf informe ensuite de l’acceptation ou du rejet des contestations. En l’absence de correction ou d’opposition validée, une DSN de substitution est générée et transmise aux organismes concernés.

4. Suite : régularisations et impacts paie

Les données corrigées s’imposent à celles initialement déclarées, avec d’éventuelles régularisations de cotisations et majorations. Si nécessaire, l’entreprise doit répercuter ces ajustements en paie et informer les salariés concernés.

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Quel est le rôle des CRM dans le contrôle des DSN ?

Les comptes rendus métiers (CRM) constituent le principal dispositif de contrôle des DSN. Générés après chaque transmission, ils sont accessibles via votre espace déclarant (Net-entreprises) ou votre logiciel de paie.

Ils permettent d’identifier les écarts entre les données déclarées et les règles attendues par les organismes sociaux, et orientent les actions correctives à mettre en œuvre.

💡 À noter

Les CRM jouent un rôle clé dans la prévention de la DSN de substitution : toute anomalie non corrigée dans les délais peut désormais entraîner une correction automatique par l’Urssaf.

Exemple d’anomalie DSN et ses conséquences

Un salarié passe de temps partiel à temps complet en octobre.

Vous mettez à jour son bulletin de paie, mais oubliez d’actualiser sa quotité de travail dans le logiciel.

Résultat : la DSN indique toujours un temps partiel → l’Urssaf recalcule une base plafonnée incorrecte → anomalie détectée dans le CRM.

Sans correction, en 2026, l’Urssaf appliquera son propre calcul, avec un risque de sur- ou sous-cotisation.

💡 À noter

Ce mécanisme vise à garantir la fiabilité des données sociales et les droits des salariés, mais peut générer un impact financier immédiat pour l’entreprise.

Quelles sont les données concernées par la DSN de substitution ?

En 2026, le périmètre de la DSN de substitution est volontairement limité aux éléments déterminants pour le calcul des droits retraite. Cela comprend notamment :

  • l’assiette plafonnée vieillesse (code 02) ;
  • le nombre de jours calendaires en unité 40 déclaré en bloc 53 ;
  • la quotité de travail des salariés ;
  • les heures complémentaires pour les salariés à temps partiel ;
  • l’assiette brute déplafonnée (code 03), utilisée dans le mécanisme de régularisation progressive.

Les corrections s’appuient sur les règles du BOSS et sur l’historique des données déclarées. En 2026, seules les entreprises du régime général sont concernées. Les salariés du régime agricole, relevant de la MSA, entreront quant à eux dans le dispositif en 2027.

 

Quelles sont les anomalies DSN courantes qui peuvent générer des écarts ?

Certaines erreurs déclaratives, souvent liées à des incohérences entre les données de paie et les informations transmises en DSN, peuvent générer des anomalies détectées dans les CRM et entraîner des écarts de cotisations. Parmi les anomalies les plus fréquentes :

  • Erreur de période de rattachement du net social, notamment lorsque les montants sont répartis sur plusieurs mois civils de manière incorrecte
  • Incohérence entre la période déclarée et le versement du salaire, avec un rattachement au mois travaillé au lieu du mois de paiement
  • Oubli de déclaration des parts patronales liées aux frais de santé, à la prévoyance ou à la retraite supplémentaire
  • Mauvaise qualification du statut du salarié, par exemple un mandataire social déclaré comme salarié avec un type de contrat erroné (CDD, CDI…)
  • Absence ou incohérence du nombre de jours calendaires, impactant la proratisation du plafond de la Sécurité sociale
  • Incohérence dans la modalité de temps de travail (temps plein / temps partiel) par rapport à la quotité contractuelle
  • Omission du SIRET de l’Urssaf de rattachement, rendant la déclaration incomplète ou incorrecte

L’Urssaf enrichit régulièrement ses contrôles : le nombre d’anomalies détectées et à corriger est amené à augmenter dans le temps.

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3 exemples concrets d’anomalies DSN

1. Erreur sur les jours calendaires (unité 40)

Un logiciel de paie peut calculer correctement le salaire mais déclarer un nombre de jours erroné (ex : 29 au lieu de 30). Cette incohérence fausse le plafond de Sécurité sociale et l’assiette plafonnée vieillesse. Sans correction, l’Urssaf procède à un recalcul.

2. Heures complémentaires non déclarées (temps partiel)

Des heures complémentaires correctement payées mais non intégrées en DSN entraînent une quotité de travail erronée. Cela impacte le calcul du plafond et peut générer une régularisation automatique.

3. Cas particulier : assiette brute négative

Une assiette brute négative est une anomalie fréquente mais non éligible à la DSN de substitution. Elle doit impérativement être corrigée par l’employeur.

 

Quels sont les risques en cas d’anomalies DSN non corrigées ?

La DSN constitue le socle de vos obligations sociales. Elle alimente les calculs de l’Urssaf pour vos cotisations ainsi que les droits sociaux de vos salariés (retraite, indemnités journalières, chômage…).

Une erreur non corrigée peut avoir des impacts lourds : redressement Urssaf lors d’un contrôle, droits sociaux erronés pour vos salariés (par exemple, retraite calculée sur un plafond temps partiel au lieu d’un temps complet) ou encore litiges et perte de crédibilité auprès de vos équipes.

1. Surcoût et perte de temps

Si les anomalies ne sont pas corrigées, l’Urssaf peut recalculer vos cotisations en appliquant ses propres bases. Cela peut entraîner un surcoût significatif, ainsi que des échanges longs et complexes pour contester ou régulariser les montants.

2. Risque de redressement Urssaf

Lors d’un contrôle, les anomalies non traitées sont systématiquement relevées. Elles peuvent conduire à un redressement, accompagné de pénalités et majorations impactant directement la trésorerie de l’entreprise.

3. Droits sociaux faussés

Les erreurs DSN peuvent altérer les droits sociaux des salariés. Une base incorrecte peut par exemple réduire les droits à la retraite ou les indemnités journalières, générant incompréhensions et litiges.

4. Complexité administrative

Les régularisations a posteriori sont chronophages et coûteuses. Avec la DSN de substitution en 2026, les corrections tardives deviennent plus complexes, car les recalculs peuvent être automatisés sans intervention de l’entreprise.

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Comment corriger les anomalies DSN signalées ?

Les anomalies DSN peuvent être corrigées selon plusieurs approches :

  • Correction via le logiciel de paie: Ajustez les données dans votre logiciel, puis transmettez une DSN de régularisation (période d’origine ou ultérieure). Les corrections concernent notamment les assiettes, jours calendaires, quotité de travail ou heures complémentaires.
  • Contestation auprès de l’Urssaf: Si l’anomalie est infondée, vous pouvez la contester avec une argumentation claire. Des justificatifs peuvent appuyer votre demande.

 

Comment se préparer à la DSN de substitution ?

L’entrée en vigueur de la DSN de substitution impose de renforcer dès aujourd’hui vos contrôles déclaratifs et vos pratiques paie.
Ne subissez pas la DSN de substitution. Sécurisez vos pratiques dès maintenant en :

  • vérifiant vos processus DSN : contrôlez la cohérence entre bulletins de paie et données DSN (quotité de travail, bases plafonnées, statut salarié) et analysez les CRM après chaque envoi.
  • corrigeant rapidement les anomalies : si possible, transmettez une DSN « annule et remplace ». Sinon, préparez une régularisation sur la DSN suivante.
  • anticipant la DSN de substitution : mettez en place un contrôle mensuel des DSN et formez vos équipes paie pour comprendre la structure et les impacts des données DSN.

 

Quelle évolution pour la DSN après 2026 ?

La DSN continue d’évoluer avec de nouvelles obligations déclaratives, renforçant les exigences en matière de qualité des données.

Dès 2027, plusieurs évolutions sont prévues :

  • Précision du plafond de Sécurité sociale : Les employeurs devront indiquer, pour certains salariés (temps partiel, forfait jours réduit), si le plafond est proratisé ou non, via une nouvelle rubrique à paramétrer.
  • Déclaration du service de santé au travail (SPST) : L’entreprise devra renseigner son SPST dans la DSN mensuelle, à partir d’un code spécifique issu du référentiel Urssaf.

Ces évolutions confirment la complexification progressive du dispositif DSN et la nécessité de maintenir des paramétrages à jour.

La qualité des données devient ainsi un enjeu central, conditionnant à la fois la conformité déclarative, les droits des salariés et la sécurisation des pratiques de paie.

 

Les équipes Baker Tilly proposent des formations pour comprendre la structure de la DSN, maîtriser les contrôles et anticiper les évolutions à venir.

Nos experts peuvent également accompagner votre entreprise avec un audit de conformité DSN, pour sécuriser vos déclarations et éviter toute anomalie.

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Auteur

valerie rousseau

Valérie Rousseau

Responsable prospective et stratégie expertise sociale