La transformation du paysage officinal s’accélère : regroupements, transferts, développement de structures… Ces évolutions entraînent mécaniquement une hausse des effectifs dans de nombreuses pharmacies. Résultat : un nombre croissant d’officines franchissent désormais le seuil des 11 à 49 salariés, les plaçant dans le champ d’application de la loi « partage de la valeur ». Pour les titulaires, cette réglementation constitue à la fois une obligation nouvelle et un levier stratégique en matière de gestion sociale.

 

Un dispositif légal qui s’impose à davantage de pharmacies

Entrée en vigueur progressivement depuis 2025, la loi « partage de la valeur » vise à renforcer l’association des salariés aux performances économiques de leur entreprise. Elle impose aux structures de 11 à 49 salariés de mettre en place un dispositif de partage de la valeur dès lors que trois conditions sont réunies :

  • un bénéfice net fiscal au moins égal à 1 % du chiffre d’affaires,
  • pendant trois exercices consécutifs,
  • en l’absence de dispositif déjà en vigueur.

L’obligation s’applique l’année suivant ces trois exercices. Ainsi, une officine ayant dépassé les seuils de 2023 à 2025 devra instaurer un dispositif en 2026.

Point de vigilance

Le versement ponctuel d’une prime de partage de la valeur (PPV) au cours des années précédentes ne constitue pas un dispositif actif. Il ne dispense donc pas l’entreprise de son obligation si aucun mécanisme pérenne n’est en place.

Quels dispositifs choisir ? Une décision structurante pour l’officine

La loi laisse aux entreprises le choix entre plusieurs mécanismes, chacun répondant à des objectifs différents. Pour les pharmacies, le choix doit être guidé par la stratégie RH, la stabilité des résultats et la culture d’équipe.

 

Intéressement : souplesse et mobilisation

  • Objectifs collectifs ou individuels
  • Critères personnalisables
  • Outil efficace pour fédérer l’équipe autour de la performance de l’officine

 

Participation : un cadre plus normé

  • Formule légale de calcul
  • Mise en place plus technique
  • Adaptée aux structures déjà bien organisées ou multisites

 

Prime de partage de la valeur : simplicité et réactivité

  • Versement ponctuel
  • Mise en œuvre rapide
  • Idéale pour les officines souhaitant un dispositif flexible

 

Épargne salariale : une logique patrimoniale

  • PEE, PERCO, abondement
  • Avantages fiscaux et sociaux
  • Outil de fidélisation dans un contexte de tension sur l’emploi officinal

Tous ces dispositifs bénéficient, dans certaines limites, d’un régime social et fiscal avantageux, permettant d’optimiser la masse salariale tout en renforçant l’engagement des équipes.

 

Anticiper pour sécuriser : un enjeu majeur pour les titulaires

La mise en place d’un dispositif de partage de la valeur nécessite :

  • une analyse préalable de la situation économique et sociale de l’officine,
  • la rédaction d’accords lorsque cela est requis,
  • la définition de critères de performance pour l’intéressement,
  • la gestion des obligations déclaratives,
  • une cohérence avec la politique RH et les perspectives de développement.

Pour les pharmacies en croissance, cette loi ne doit pas être perçue comme une contrainte supplémentaire. Bien anticipée, elle peut devenir un levier d’attractivité, un outil de motivation des équipes et un moyen d’optimiser les charges sociales.

Vous souhaitez être accompagné dans l’analyse des impacts de cette réforme et identifier les solutions adaptées à votre organisation ? Nos experts Santé sont à vos côtés.

Article publié dans Le Moniteur des pharmacies

Auteur

laurent le gac

Laurent Le Gac

Associé - Responsable du secteur Santé