Valérie Rousseau
Responsable prospective et stratégie expertise sociale
La législation est très stricte concernant le travail à temps partiel. S’il est possible, pour l’employeur, d’augmenter la durée contractuelle de travail de ses salariés à temps partiel (pour remplacer un salarié absent ou pallier un surcroit temporaire d’activité), il doit veiller à respecter un certain formalisme. Les conséquences peuvent être lourdes en cas de faux-pas…
Le travail à temps partiel correspond à un travail dont la durée est inférieure à la durée légale de 35 h hebdomadaires et ce, quelle que soit la nature du contrat de travail (à durée déterminée ou indéterminée).
Le contrat de travail du salarié à temps partiel doit comporter certaines mentions obligatoires, notamment :
Il doit être formalisé par écrit et signé des 2 parties.
À défaut, le contrat de travail à temps partiel sera requalifié à temps plein.
Depuis le 1er juillet 2014, le salarié qui a signé un contrat de travail à temps partiel doit, sauf exceptions, respecter une durée minimale de travail de 24 heures par semaine.
Un salarié à temps partiel peut être amené à travailler au-delà de sa durée contractuelle. Dans ce cas, on parle d’heures complémentaires.
Sous respect d’un délai de prévenance d’au moins 3 jours, leur recours peut être imposé par l’employeur, mais dans la limite d’un plafond de 1/10ème des heures contractuelles, voire 1/3 de la durée hebdomadaire, selon certaines conventions collectives.
À défaut, le salarié peut exercer son droit de refus.
Ces heures donnent lieu aux majorations de salaires minimales suivantes :
L’article L3123-22 du Code du travail autorise les employeurs et les salariés à temps partiel à signer des avenants permettant d’augmenter temporairement la durée de travail contractuellement prévue par une convention ou un accord de branche étendu.
À noter : si la possibilité de conclure ces avenants n’est pas prévue par la convention collective ou dans un accord de branche étendu, alors il n’y a pas de possibilité d’augmenter temporairement le temps de travail.
La convention ou l’accord de branche étendu peuvent déterminer :
Les heures complémentaires accomplies au-delà de la durée déterminée par l’avenant « complément d’heures » donnent lieu à une majoration salariale ne pouvant pas être inférieure à 25 %.
Il n’est pas possible d’atteindre la durée légale du travail (35 heures) par le biais d’un avenant complément d’heures, sous peine de requalification du contrat à temps plein (Cass. soc. 21 septembre 2022 nº 20-10.701), quand bien même la convention collective le prévoit. Il en va de même concernant des heures complémentaires
En cas de contrôle de l’administration, ou de contentieux avec vos salariés, vous devez être en mesure de prouver que le temps de travail déclaré correspond bien au temps de travail réel des collaborateurs.
Afin d’éviter la requalification de vos contrats à temps partiel en contrat à temps plein, vous préserver d’une amende pour travail dissimulé et sécuriser la rédaction de vos contrats de travail à temps partiel, nous vous proposons de former vos équipes sur ces sujets. N’hésitez pas nous contacter, ou à consulter le programme de nos prochaines sessions, en lien avec ce sujet :
Formation : La fiscalité sur le bulletin de paie
Formation : Rémunérer les heures complémentaires et supplémentaires
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