Depuis 2025, l’Urssaf applique une nouvelle méthode de calcul des cotisations sociales des professions libérales, fondée sur un abattement forfaitaire de 26 % sur les revenus professionnels. Si cette réforme concerne l’ensemble des indépendants, elle a un impact particulièrement marqué pour les médecins, dont la situation varie fortement selon qu’ils sont conventionnés ou non conventionnés. Voici ce qu’il faut retenir pour comprendre vos cotisations… et éviter les mauvaises surprises.

 

Le cœur de la réforme : un abattement de 26 %

Jusqu’ici, les cotisations sociales étaient calculées sur le revenu professionnel avant déduction des cotisations obligatoires et de la CSG déductible. Désormais, l’Urssaf applique automatiquement un abattement de 26 % sur l’assiette sociale. Concrètement :

  • vous déclarez votre bénéfice (BNC ou rémunération selon le statut) ;
  • l’Urssaf applique un abattement de 26 % ; les cotisations sont calculées sur 74 % du revenu.

Cet abattement vise à simplifier et uniformiser les règles entre professions libérales. Mais ses effets ne sont pas neutres, surtout pour les médecins.

 

Médecins conventionnés : un impact limité mais réel

Les médecins conventionnés bénéficient déjà de dispositifs spécifiques, notamment la prise en charge partielle des cotisations maladie par l’Assurance maladie (secteur 1 et OPTAM) et des avantages sociaux conventionnels (ASV) pour la retraite complémentaire.

Avec l’abattement de 26 %, l’assiette sociale diminue mécaniquement. Les cotisations maladie, allocations familiales, CSG‑CRDS et retraite de base sont donc légèrement réduites, mais les cotisations ASV et retraite complémentaire (CARMF) restent calculées selon leurs propres règles.

Résultat

Une baisse modérée des cotisations, mais pas de révolution pour les médecins conventionnés.

Médecins non conventionnés : une hausse potentielle des cotisations

Pour les médecins non conventionnés, la situation est très différente. Ils ne bénéficient d’aucune prise en charge de cotisations par l’Assurance maladie et relèvent d’un régime social plus proche des autres professions libérales.

Ainsi, avec la réforme :

  • L’abattement de 26 % peut augmenter l’assiette sociale si le médecin déduisait auparavant davantage de charges sociales réelles :
    • les cotisations maladie, allocations familiales et CSG‑CRDS peuvent donc augmenter sensiblement ;
    • La retraite complémentaire dépend de la CARMF, mais l’assiette de la retraite de base peut être plus élevée.

Résultat

Une hausse possible des cotisations, notamment pour les médecins à forte rentabilité.

Pourquoi l’impact diffère autant ?

Parce que les médecins conventionnés bénéficient d’un système hybride. Une partie de leurs cotisations est prise en charge, certaines sont forfaitaires tandis que d’autres reposent sur des assiettes spécifiques.

Les médecins non conventionnés, eux, sont soumis pleinement à l’assiette Urssaf. L’abattement de 26 % peut donc être moins favorable que l’ancien mode de calcul.

 

Quels réflexes adopter ?

N’hésitez pas d’ores et déjà à :

  • vérifier l’assiette retenue par l’Urssaf : l’abattement de 26 % peut entraîner des écarts importants par rapport aux années précédentes ;
  • simuler l’impact selon votre statut : conventionné, OPTAM, non conventionné : les effets ne sont pas les mêmes ;
  • anticiper les régularisations : le mécanisme d’appels provisionnels reste inchangé ( N : calcul sur N‑2, ajustement sur N‑1, régularisation sur revenus réels) ;
  • ajuster vos acomptes en cas de variation d’activité : particulièrement important pour les médecins non conventionnés.

 

En bref

Statut

Effet de l’abattement de 26 %

Médecins conventionnés (secteur 1/OPTAM)

Impact limité, légère baisse des cotisations, dispositifs conventionnels inchangés

Médecins non conventionnés

Assiette potentiellement plus élevée → hausse possible des cotisations

 

Nos experts Santé se tiennent à votre disposition pour toute information complémentaire concernant ce sujet et tout appui dans vos démarches.

 

Contacter notre équipe spécialisée Santé

Auteur

laurent le gac

Laurent Le Gac

Associé - Responsable du secteur Santé