La hausse durable des prix du carburant impacte directement le pouvoir d’achat des salariés, notamment ceux qui utilisent leur véhicule personnel pour se rendre au travail ou effectuer des déplacements professionnels. Dans ce contexte, les employeurs ont un rôle à jouer. En mettant en place des solutions adaptées, ils peuvent à la fois réduire ces coûts, améliorer la qualité de vie au travail de leur équipe et renforcer l’attractivité de leur entreprise. Tour d’horizon des leviers d’action.

 

Mise en place ou développement du télétravail

Lorsque l’activité le permet, le télétravail, en diminuant le nombre de trajets domicile-travail, constitue une solution directe et efficace pour réduire les frais de carburant des salariés. En France, il peut être instauré de trois manières :

  • par accord collectif ;
  • par charte de l’employeur ;
  • par accord individuel entre le salarié et l’employeur.

Ces trois voies sont prévues par l’article L1222‑9 du Code du travail.

 

Aménagement du temps de travail

Mise en place de la semaine de 4 jours

La réduction du nombre de jours travaillés induit mécaniquement une baisse des déplacements domicile-travail. Pour de nombreux salariés, cela représente une économie immédiate de carburant, tout en contribuant à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

L’instauration d’un tel dispositif peut résulter d’un accord d’entreprise ou d’une décision unilatérale de l’employeur.

 

Assouplissement des horaires de travail

En adaptant les horaires de travail, l’entreprise peut encourager les salariés à privilégier des solutions de mobilité alternatives, telles que les transports en commun ou le covoiturage. L’instauration d’horaires flexibles ou d’arrivées échelonnées peut notamment faciliter l’accès à ces solutions tout en améliorant les conditions de déplacement des collaborateurs.

Simple à déployer et peu onéreuse, cette solution peut transformer le quotidien des salariés et soutenir l’image et l’attractivité de l’entreprise.

 

Optimisation des déplacements professionnels

Quand cela est possible et que les fonctions exercées s’y prêtent, la réduction des déplacements professionnels peut être encouragée au profit de visioconférences.

Si le déplacement professionnel s’avère indispensable, certaines solutions existent toutefois :

  • établissement d’une planification des rendez-vous et regroupement de ces derniers sur une même zone géographique ;
  • mise à disposition d’une flotte de véhicules d’entreprise à disposition des salariés pour leurs trajets professionnels ; un dispositif qui permet aux salariés de limiter l’usage de leur véhicule personnel et, par conséquent, de réduire les coûts liés au carburant et à l’usure de leur voiture.

 

Prise en charge des frais de transport

En complément des mesures organisationnelles, l’employeur peut agir via différents dispositifs financiers.

 

Prise en charge des frais de transport en commun

Lorsqu’un salarié prend les transports en commun (train, bus, métro, vélo public…)., l’employeur doit prendre en charge au moins 50 % du coût de l’abonnement. Cette obligation concerne toutes les entreprises quel que soit leur effectif.

Ces sommes sont exonérées de cotisations sociales et sont non imposables.

 

Prime transport

Les articles L. 3261‑3 et L. 3261‑4 du Code du travail permettent à l’employeur de verser une prime de transport pour prendre en charge, en totalité ou partiellement, les frais engagés par leurs salariés pour leurs déplacements domicile- travail.

Cela concerne

  • les frais de carburant dans la limite de 300 € par an et par salarié ;
  • les frais d’alimentation de véhicules électriques, hybrides rechargeables ou hydrogène dans la limite de 600 € par an et par salarié.

Les modalités et critères d’attribution sont déterminés par accord d’entreprise ou par décision unilatérale de l’employeur, après consultation du CSE.

 

Forfait mobilités durables (FMD)

Ce dispositif facultatif, exonéré de charges sociales et fiscales jusqu’à 800 € par an, permet aux entreprises de soutenir financièrement les collaborateurs qui choisissent des modes de transport alternatifs à la voiture individuelle.

Le FMD couvre un large éventail de mobilités : vélo, vélo électrique, covoiturage (conducteur ou passager), transports publics hors abonnement, trottinettes, scooters électriques ou encore autopartage. Il peut être instauré par décision unilatérale de l’employeur, via une charte interne ou un accord d’entreprise.

Au‑delà du soutien financier, le FMD présente un véritable avantage écologique, il réduit les émissions liées aux trajets domicile‑travail et contribue à diminuer la congestion routière. Cette démarche s’inscrit pleinement dans une politique RSE, en valorisant des mobilités plus durables et en renforçant l’image d’une entreprise engagée.

À retenir

Réduire les frais de carburant des salariés n’est pas seulement une question de pouvoir d’achat. C’est aussi un levier stratégique pour améliorer l’attractivité de l’entreprise, réduire son empreinte carbone et renforcer le bien-être au travail. Les solutions sont nombreuses, modulables et souvent cumulables.

Les employeurs qui s’engagent dans cette démarche y trouvent un double bénéfice : soutenir leurs collaborateurs tout en optimisant leurs propres coûts opérationnels.

Améliorer le pouvoir d’achat des salariés passe donc par une prise en compte des enjeux de mobilité. N’hésitez pas à contacter nos équipes pour identifier les solutions les plus adaptées à votre entreprise.

 

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Auteur

Hélène Frouville

Gestionnaire de paie senior