Stéphanie Loison
Manager Expertise RH et sociale
Pour beaucoup de salariés en bonne santé, la visite médicale du travail est souvent un acte banalisé et peu fréquent. Cependant, les visites médicales du travail ne se limitent pas à la visite réalisée lors de l’embauche. Elles accompagnent le salarié tout au long de sa vie professionnelle : prise de poste, exposition à des risques particuliers, retour après une absence, prévention de la désinsertion professionnelle ou encore fin de carrière.
Certaines visites doivent être organisées par l’employeur. D’autres peuvent être demandées par le salarié, l’employeur ou le médecin du travail. Depuis le 15 juin 2026, les règles relatives aux visites de préreprise et de reprise ont par ailleurs été assouplies.
Voici l’essentiel à connaître pour sécuriser vos pratiques.
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Type de visite |
Quand intervient-elle ? |
Quel est son objectif ? |
Obligatoire |
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Visite d’information et de prévention (VIP) |
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Vérifier l’état de santé du salarié et l’informer des risques liés à son poste et des moyens de prévention. |
Oui |
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Examen médical d’aptitude dans le cadre du suivi individuel renforcé (SIR) |
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Vérifier la compatibilité de l’état de santé du salarié avec le poste auquel il est affecté. |
Oui |
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Visite médicale périodique |
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Assurer un suivi adapté de l’état de santé du salarié tout au long de son activité professionnelle. |
Oui |
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Visite de reprise |
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Vérifier que le salarié est apte à reprendre son poste ou proposer des aménagements. |
Oui |
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Visite à la demande |
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Répondre à des préoccupations spécifiques concernant la santé au travail. |
Non |
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Visite de préreprise |
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Préparer le retour au travail et envisager des aménagements si nécessaire. |
Non |
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Visite médicale de mi-carrière |
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Vérifier si l’état de santé du salarié est toujours compatible avec son poste. Prévenir les risques professionnels et adapter les conditions de travail si nécessaire. |
Oui |
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Visite médicale de fin de carrière |
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Faire un bilan des expositions aux risques professionnels tout au long de la carrière du salarié. Organiser un suivi médical post-professionnel pour prévenir les maladies liées à ces expositions. |
Oui |
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Contre-visite médicale mandatée par l’employeur |
Possible à tout moment de l’arrêt de travail. |
Se prononcer sur le caractère justifié de l’arrêt de travail, y compris sa durée. |
Non |
L’employeur doit organiser une visite de reprise après :
La visite doit être organisée le jour de la reprise effective du travail ou, au plus tard, dans les huit jours qui suivent. Elle permet au médecin du travail d’apprécier si le salarié peut reprendre son poste et, le cas échéant, de proposer un aménagement du poste ou du temps de travail.
Point de vigilance
Certaines conventions collectives peuvent prévoir une visite de reprise après une absence plus courte que les seuils réglementaires (propreté, BTP…).
L’employeur doit donc vérifier les dispositions conventionnelles applicables à l’entreprise. Le support interne relatif à l’arrêt de la Cour de cassation du 6 mai 2026 rappelle qu’un seuil conventionnel plus favorable peut continuer à s’appliquer.
Depuis le 15 juin 2026, une visite de préreprise peut éviter une nouvelle visite de reprise.
Pour les arrêts de travail prescrits à compter du 15 juin 2026, la visite de reprise peut ne pas être organisée lorsque les conditions suivantes sont cumulativement réunies :
Ainsi, lorsqu’une visite de préreprise très récente a permis d’anticiper le retour du salarié et qu’aucune mesure particulière n’a été jugée nécessaire, une seconde visite peut être évitée.
Cette dispense n’est donc pas automatique. Dès lors que l’une des conditions n’est pas remplie, ou que le salarié, l’employeur ou le médecin du travail demande une visite, la visite de reprise doit être organisée.
Le service de prévention et de santé au travail doit également informer l’employeur de l’organisation de la visite de préreprise, sauf opposition du salarié. L’employeur a donc intérêt à conserver une trace des informations reçues afin de déterminer si une visite de reprise demeure nécessaire.
La visite de préreprise peut être organisée pendant un arrêt de travail de plus de 30 jours. Elle a pour objet de préparer le retour du salarié dans de bonnes conditions et de favoriser son maintien dans l’emploi.
Elle peut notamment permettre au médecin du travail de recommander :
L’employeur doit informer le salarié de la possibilité de solliciter cette visite, notamment à l’occasion du rendez-vous de liaison qui peut être organisé pendant certains arrêts de longue durée.
La visite de préreprise ne doit pas être confondue avec la visite de reprise. Elle intervient pendant l’arrêt de travail et prépare le retour, alors que la visite de reprise intervient, en principe, lors de la reprise effective du travail.
Indépendamment des visites obligatoires, le salarié peut demander à rencontrer le médecin du travail à tout moment. Il peut effectuer cette démarche lorsqu’il estime que son état de santé, ses conditions de travail ou les caractéristiques de son poste nécessitent un avis médical.
L’employeur peut également solliciter une visite lorsqu’il constate une difficulté susceptible d’avoir une incidence sur le travail du salarié. Cette démarche ne lui donne toutefois pas accès aux informations médicales du salarié.
Le salarié ne peut faire l’objet d’aucune sanction pour avoir demandé une visite auprès du médecin du travail.
La contre-visite médicale ne constitue pas une visite de médecine du travail. Il s’agit d’un contrôle demandé par l’employeur lorsqu’il verse un complément de salaire pendant l’arrêt de travail.
Le médecin mandaté vérifie si l’arrêt est médicalement justifié, y compris dans sa durée. Lorsque le contrôle conclut que l’arrêt n’est pas justifié, ou lorsque le contrôle n’a pas pu être réalisé pour un motif imputable au salarié, l’employeur peut, sous certaines conditions, suspendre le complément de salaire.
Ce dispositif doit donc être distingué des visites organisées par le service de prévention et de santé au travail, dont l’objectif est la prévention des risques professionnels et le suivi de la santé du salarié.
Même pour les visites médicales non obligatoires, l’employeur a certaines responsabilités :
L’organisation du suivi médical fait partie des obligations de l’employeur en matière de santé et de sécurité. Il doit adhérer à un service de prévention et de santé au travail, déclarer les salariés concernés et s’assurer de l’organisation effective des visites requises.
Le temps consacré aux visites et examens médicaux obligatoires est pris sur les heures de travail, sans retenue de salaire. Lorsque la visite ne peut pas avoir lieu pendant le temps de travail, le temps nécessaire doit être rémunéré comme du temps de travail effectif.
Les frais de transport nécessaires à la réalisation de la visite sont pris en charge par l’employeur.
Lorsque le médecin du travail propose un aménagement du poste ou du temps de travail, l’employeur doit examiner ces recommandations. S’il refuse de les appliquer, il doit expliquer par écrit au salarié et au médecin du travail les raisons qui s’opposent à leur mise en œuvre.
L’employeur ne reçoit pas le dossier médical du salarié et n’a pas accès aux informations relatives à son état de santé. Il reçoit uniquement les avis, attestations ou propositions nécessaires à la gestion de la situation professionnelle.
Pour sécuriser le suivi médical de vos salariés :
À retenir
La visite de préreprise peut désormais simplifier le retour du salarié, mais elle ne dispense de la visite de reprise que dans des conditions précises. L’employeur doit donc assurer une traçabilité rigoureuse de chaque situation.
N’hésitez pas à vous rapprocher de votre contact habituel Baker Tilly pour vérifier les obligations applicables à votre entreprise et sécuriser l’organisation des visites médicales de vos salariés.
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